Tornar aprener l’istòria nòstra!

Posted: 6 decembre 2011 in Pas classat

L’Occitanie existe puisqu’elle a une histoire. IEO, 1979


Sur la terre de langue occitane s’imposent depuis des siècles toutes les formes de la conquête :
militaire, politique, économique, sociale, culturelle et artistique. L’Occitanie n’a jamais constitué dans l’Histoire une entité politique cohérente, tout en demeurant une aire culturelle majeure de l’Europe, ayant perdu au fil des siècles la maîtrise de son destin économique et culturel.
Pourquoi après des siècles de fonctionnement politique et administratif la France, « une et indivisible » connaît-elle encore « une revendication occitane » ?

Perqué m’an pas dit

Coma totis los mainatges
Som anat a l’escòla
Coma totis los mainatges
M’an après a legir
M’an cantat plan de cançons
M’aprenguèron tant d’istòrias :
Lutèce… Paris… Paris…

Mas perqué, perqué
M’an pas dit à l’escòla
Lo nom de mon país ?

Nos contava lo regent
Aquel grand rei de França
Acatat davant los paures
Un sant òme aquel sant Loís
Aimava totas las gents
E voliá pas la misèra
Un sant òme aquel sant Loís.

Mas perqué, perqué
M’an pas dit a l’escòla
Qu’avia tuat mon país ?

E quand foguèrem mai grands
Nos calguèt parlar tres lengas
Per far un bon tecnician
Nos calia cargar tres lengas
E l’Anglès e l’Alemand
E ça que s’escriu a Roma
Per far un bon tecnician.

Mas perqué, perqué
M’an pas dit à l’escòla
La lenga de mon país ?

Benlèu tantas coneissenças
Nos mascan la vertat
Aprendrem sols qu’en la terra
Regna pas la libertat
Sauprem la talent de l’lndia
E lo dòl dels Africans
E la mòrt de Guevarra.

Mas perqué, perqué
M’an pas dit a l’escòla
La lenga de nostre país ?
-Claudi Marti-

I.Pourquoi et comment nous réapproprier notre histoire ?

Se réapproprier notre histoire, c’est déjà la connaître, ce qui est problématique car la République, via son école et ses historiens officiels, ont fabriqué leur histoire, celle des vainqueurs.
Premier Constat : L’histoire est celle racontée par les dominants.
Deuxième Constat : Notre identité de peuple existe à partie du moment où nous connaissons notre histoire et que nous avons conscience qu’elle nous appartient.
Troisième constat : Il ne peut pas y avoir de conciliation entre l’histoire dominante et celle vécue par le peuple, parce qu’il n’y a pas intérêt commun dans l’analyse de l’histoire. Nous devons désapprendre l’histoire officielle apprise à l’école, celle des rois de France, pour apprendre notre histoire, celle des maquisards, des croquants.
Quatrième constat : Il ne peut pas y avoir de conciliation entre la classe dominante et notre classe, parce que c’est nier notre identité et parce que nous n’avons pas les mêmes intérêts.
Cinquième constat : Il est urgent de nous réapproprier notre histoire, ce qui signifie aussi de connaître :
.. L’influence du milieu naturel (connaissance de notre géographie physique), l’influence du groupe humain (appréhension notre histoire sociale et démographique, de l’histoire de l’administration et politique), l’influence du
milieu humaine (étude régionale du paysage rural et urbain, architecture, arts), l’influence des diverses activités (mécanisme de la vie économique).

  II Quelques définitions pour commencer

Civilisation : Peut s’appliquer à l’ensemble des caractères susceptibles de définir les comportements culturels et les conditions de la vie matérielle d’un groupe humain constituant une société installée sur un territoire. Etat de développement culturel et matériel d’un groupe ou d’une société recouvrant un territoire.
Culture : Phase d’expansion d’une société humaine. La civilisation après avoir offert la plénitude de ses moyens à une société est toujours menacée de décadence. Une civilisation subit de multiples influences, et elle ne peut vaincre que dans l’effort, ce qui suppose qu’elle rencontre toujours des hommes capables de la promouvoir.
Etapes de colonisation : mainmise de l’administration sur le territoire, nomination de fonctionnaires allogènes, émigration des indigènes, remplacement par des populations extérieures, capables de dominer l’économie locale et régionale, entraînant des changements profonds dans les comportements culturels et linguistiques, puis exploitations des ressources locales pour les loisirs, l’énergie, les productions. La colonisation est réussie quand il n’y a plus de sentiment de frustration, d’aliénation, plus de contestation politique.

III.Notre histoire

Petite introduction
L’Occitanie a son origine dans une vision contestataire et originale du monde et de la société, véhiculé au Moyen Age par les troubadours, contre l’ordre moral, social et politique de l’Eglise d’Occident. La culture occitane apparaît comme un miroir face aux dominations destructrices et volontairement réductrices.

L’Occitanie n’a cessé d’affirmer vaille que vaille son particularisme, sa tradition culturelle proclamée depuis 1000 ans en dépit des obstacles.
Notre histoire a connu deux grandes phases : les premières mille années, jusqu’au début de la Renaissance, marqué par l’éclosion de la culture occitane, allant jusqu’à l’intégration à l’Histoire de France, puis les mille ans suivants (à partir du XVIème siècle jusqu’ aujourd’hui) où la France joue un rôle déterminant dans notre histoire.

A/ Emergence de la civilisation occitane et annexion des terres d’Oc

Du VIII au Xème siècles, le territoire de l’Empire Carolingien connaît de grands désordres politiques, malgré son cadre théoriquement unificateur. Le roi est ignoré des princes locaux. Le pouvoir central se décompose aux IX et Xème siècles. Alors, entre 700 et 1000, le territoire de langue d’Oc est quasiment livré à lui-même. L’église occitane est du côté du peuple, face à la brutalité des moeurs des seigneurs. Elle prend la place laissée par l’absence du pouvoir politique. C’est alors que viendra la croisade contre les Cathares, marqué par une double volonté, celle de la sainte église romaine et celle du Roi de France. Au XI et XII èmes, les Etats font émergence :
.. Les Capétiens affermissent leur domaine royal entre Oise et Loire, sous les règnes
de Philippe Ier, Louis VI et Louis VII.
.. Pierre II devient roi d’Aragon.
.. Le Comté de Toulouse, pays allant de la Garonne au Rhône, fait alliance avec le royaume d’Aragon, face à la menace française, créant un état occitan-catalan.

Le Comté de Toulouse s’étendra par la Provence. Le Comté de Toulouse est une dynastie originale, ouvert à tous les courants de pensée, à toutes les audaces intellectuelles, accueillant Juifs, Arabes, prêtre en rupture avec l’Eglise, parfaits cathares, cette ouverture appelée paratge.
Le Royaume de France voulant étendre son territoire jusqu’à la Méditerranée s’en prendra au Comté de Toulouse, principale obstacle dans cet objectif. Naîtra alors une alliance entre le Royaume de France et la Papauté. La Croisade contre les Albigeois apparaît comme un grand mouvement de catharsis pour satisfaire les besoins de conquête et affirmer la force nouvelle du Royaume de France. Ainsi, la Croisade est l’opération fondamentale par laquelle la France
réalise l’unification du territoire. Au XIV, la France est une puissance méditerranéenne. Le catharisme est le prétexte pour diverses formes d’intervention dans le Comté de Toulouse. Au final, le XIIIème siècle représente une période essentielle dans l’Histoire occitane. Le centre de la civilisation occitane est situé autour de Toulouse. C’est un pays roman et hérétique, d’amor et de jovent, anéanti par les Croisés. La Croisade Albigeoise est un élément majeur dans la formation identitaire occitane, apparaissant comme une résistance à Le 22 juillet 1209, Béziers est écrasé, faisant entre 10 000 et 20 000 victimes. Nous en gardons cette fameuse phrase :
« Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

En 1229, l’Inquisition est instaurée.

En 1232, les Cathares se réunissent à Montségur.
En 1242, les troupes de Montségur assassine les Inquisiteurs à
Avynonet en Lauragais.
En 1243, Raimon VII signe la paix de Lorries, se rendant
sujet du royaume de France.
En 1260, le Languedoc est annexé, la « paix » est instaurée
dans le Comté de Toulouse aux mains d’Alphonse.
En 1271, le Comté de Toulouse est uni à la couronne de
France.

l’envahisseur qui ne parlait pas la même langue, qui appliquait d’autres conceptions de la religion chrétienne. La Croisade est toujours vivace dans la conscience collective des occitans de la fin du XXème siècle, mais n’a pas donné naissance à un projet national. En un siècle, le Royaume de France fait disparaître le Comté de Toulouse. Restaient alors
l’Aquitaine anglaise et la Provence angevine. Par les guerres de Cent Ans au XIVème siècle, la France affermira ses positions dans le Sud. Après les Croisades, les événements se déplacent vers les extrémités de l’espace occitan. L’Est est intégré progressivement à la couronne du Royaume de France au XVème siècle, avec une mise sous tutelle à partir de 1481, 1487. La Provence se considère comme associée au Royaume de France et non pas comme un peuple dominé.
La peste (1540, 1649) et l’invasion recouvre tout l’espace occitan : des régions entières sont anéanties, plus de la moitié de la population meurt.
Au XVIème, la puissance française est en place pour assurer son rayonnement en Orient. A partir du XIIIème siècle, le peuple d’Oc connaît une situation politique de soumission sous la conquête militaire, sous les représentants du pouvoir français, et cela au profit des intérêts économiques et commerciaux du Nord.

Entre le XIVème et le XVIIIème siècle, l’ensemble des territoires sont organisés selon un cadre de féodalité avec une quasi-indépendance politique en raison de l’éloignement de la capitale. Les provinces jouissent d’une réelle autonomie. La Provence, le Limousin, la Gascogne, le Languedoc et l’Auvergne sont des entités autonomes jusqu’à la révolution
centralisatrice du XIXème siècle.
En même temps, l’Occitanie assiste à de nombreux soulèvements spontanés contre la misère, contre les conditions d’existence de populations soumises à un pouvoir extérieur qui fait sentir sa force par le poids des impôts et la présence des hommes d’armes.
La deuxième moitié du XIVème siècle est une période de soulèvement de paysans presque générale dans l’Occitanie, comme en 1360 avec, en Auvergne, la révolte des Tochis et en 1379 la Révolte des Montpelliérains. Plus tard, de 1572 à 1598, plusieurs villes occitanes s’insurgent contre la royauté dans le cadre d’un vaste mouvement qui cherche à créer les Provinces Unies du Midi, projet de république fédérative, avec une véritable séparation des pouvoirs. C’est un échec par absence d’appuis militaires.
En 1589, Marseille se déclare République Autonome. Cette république connaît une existence éphémère et s’effondre sous le siège de l’armée française.
En 1594, c’est la révolte des Croquants en Auvergne. Ils sont 8 000 dans les forêts, 50 000 aux portes d’Agen, mais ils seront abattus par la répression militaire. De nouvelles révoltes de Croquants auront lieu en 1637, en 1642 puis en 1707.
Le Protestantisme s’installe dans l’espace occitan. Les guerres de religion présentées comme un moyen pour rétablir le catholicisme par la terreur et la force des armes et pour imposer la restauration de la Foi par la présence menaçante des soldats, sous l’influence des Jésuites, n’est en fait qu’un moyen pour Louis XIII de réaffirmer l’unité nationale.
La France a alors les moyens de faire fonctionner un Etat dit moderne : l’histoire politique de l’espace occitan est alors confondue à l’histoire de France.
Ainsi au XVIème siècle, les petites Provinces sont englobées dans les Etats Empires et cela à l’échelle de l’Europe.
Au XVIIème siècle, de nouvelles révoltes sont provoquées en Occitanie pour disette ou motif religieux mais elles sont réprimées, pour exemple, le mouvement politique de l’Ormée à Bordeaux en 1648. Ce soulèvement populaire et rural se développe en Guyenne, par misère, arrivant jusqu’à la Fronde de Bordeaux. Il s’agit d’un mouvement d’opposition au duc d’Epernon, gouverneur de Guyenne, inspiré par un courant démocratique soutenu par la bourgeoisie, proposant une structure républicaine fondée sur des principes égalitaires. Labourgeoisie prend le contrôle de l’administration de la ville, et mène une réflexion sur l’organisation des pouvoirs dans l’Etat, proposant une monarchie maintenue mais affaiblie par le contrôle populaire.
En 1685, le Roi Soleil décide d’éradiquer le protestantisme avec la révocation de l’Edit de Nantes et le début des dragonnades. Le bilan entre 1680 et 1700 : la fuite d’un demi million de sujets et 25 000 victimes en Occitanie.
La France étend alors son emprise sur les territoires périphériques du sud du Royaume par son organisation administrative, le rayonnement de sa culture artistique et intellectuelle, et la force de ses armées.
Les terres occitanes ont été prises dans des conflits qui ne sont pas les leurs : guerres de Cent Ans, guerres religieuses, guerres européennes, mais affermissant la main mise du pouvoir royal français sur le territoire.

B/ Histoire économique, histoire d’une exclusion

Au XVIIème, XVIIIème siècle, les Etats modernes sont renforcés par les conquêtes coloniales, créant une bourgeoisie marchande et une bourgeoisie manufacturière. L’espace
occitan en est exclu. Le pouvoir royal fait construire des routes qui modifient l’équilibre des campagnes et favorisent les villes carrefours.
L’espace occitan reste fidèle aux schémas économiques issus du Moyen-Age. Les rares changements sont à l’initiative des intendants royaux, et marquent à chaque fois la présence et l’autorité du pouvoir monarchique.
« Tandis que s’élabore l’Europe des Marchands, celle des techniques savantes et des flux de capitaux, l’espace occitan continue de fonctionner au pas lent des attelages de boeufs. L’Occitanie retrouve avec sérénité les mécanismes de son économie traditionnelle, à l’exception de Bordeaux qui se lance dans le commerce triangulaire. » Se crée un décalage entre les régions d’Europe ouverte sur l’Atlantique et l’Occitanie, dominée par la masse du monde rural, sans connaître toute fois d’amorce de sous-développement, grâce à la richesse de la terre occitane et ses villes fortes de manufactures.
Cependant les flux économiques alimentent les marchés locaux, dans un modèle d’autoconsommation. Les paysans soumis à l’impôt, aux intempéries, à la disette, aux malheurs du temps, se soulèvent.
Au XVIIIème siècle, l’introduction du maïs sur tout le territoire occitan modifie le paysage rural. Les campagnes s’agglomèrent en villages. En même temps, naît une bourgeoisie campagnarde qui gagne de plus en plus de pouvoirs. Les terroirs occupés sont séparés par des écarts de plus en plus nombreux. La production et la population augmentent. L’homme connaît un véritable sentiment de sécurité dans l’espace rural.
Ainsi, l’homme change les dimensions de son échelle de valeurs : il cesse d’être enfermé dans les petits espaces, clos, et découvre que son existence, ses activités, se développent dans un espace plus vaste. Sa perception passe de la région à l’état. Cela est facilité par la mise en place entre 1840 et 1870 d’un réseau de transports très dense (voies ferrées et voies d’eau). L’Etat construit une étoile de voies ferrées à partir de la capitale avec les lignes Paris-Bordeaux, Paris-Marseille. Ce réseau favorise des villes qui attirent les hommes et crée en même temps la première forme du déséquilibre régional. Au XIXème siècle, les campagnes méridionales perdent ainsi une frange de la population, attirée vers les villes dynamiques, les grands chantiers et les colonies.
L’industrie est localisée de l’estuaire de la Seine à l’Alsace et à la Flandre. La classe ouvrière en Occitanie est peu fournie sauf dans quelques villes qui font illusion. La plupart des villes occitanes n’ont pas participé à la transformation de l’industrie, par manque de produits de base indispensables à un développement industriel. Ainsi, au XIXème siècle, les progrès de la civilisation industrielle marque le déséquilibre des régions occitanes.

A partir de 1870, le paysannat est lié aux fluctuations des prix. La crise de mévente et l’insatisfaction des agricultures est cependant atténués par les habitudes polycultrices. La société occitane prend de nouvelles formes, qui enclencheront les événements du milieu viticole occitan et de la plaine du Languedoc. Auparavant, les communautés villageoises produisaient du vin pour leur propre consommation. Le Languedoc devient un espace de
monoculture de la vigne. En même temps, la population se tourne vers les idées socialistes. L’instauration du régime napoléonien soulève une opposition républicaine dans tout le Languedoc. La répression voulue par l’Empereur fut sans commune mesure avec la gravité du mouvement : il y eut de nombreuses déportations. Ce mouvement est significatif de l’opposition au pouvoir central. Il n’est développé que dans les départements du « Midi ». Cela débouche sur les mouvements insurrectionnels des communes en 1871 de Narbonne, et sur la grève de Carmaux en 1892.
En 1892, une condamnation frappe 72 personnes parce qu’elles ont chanté en occitan un chant jugé irrévérencieux à un député. Les habitants ont refusé de parler français devant les juges, mais ont parlé en occitan, donnant à la langue une dimension subversive.
La fin du XIXème siècle est marquée par un progrès croissant de la production viticole et un engouement du marché, amenant le début d’une grève en 1904, précurseur de 1907. Le 14 juin 1907, 422 conseils municipaux ont démissionné et la plupart des maires ont brûlé leur écharpe tricolore. Le 10 juin, le centième régiment d’Infanterie s’était mutiné. La population régionaliste s’oppose au pouvoir central sans remettre en cause les fondements de la République. Elle se tourne vers Mistral qui se contente d’un télégramme. Cela marque le début de la répression, avec l’arrestation de Ferroul. Sept personnes trouvent la mort, marquant le début des émeutes de Montpellier et de Perpignan. Le 17ème de ligne se mutine à son tour, puis le 142ème .
Clémenceau finira par triompher en mettant en avant la thèse du complot contre la République ourdi par les socialistes.
« La crise viticole a montré les limites d’un mouvement populaire en Occitanie : la revendication est sociale et économique, non politique revendicative, encore moins antifrançais. ».
La crise mondiale après la grande guerre lie la France au monde capitaliste européen et américain. C’est le début de la décadence économique du système économique français. Cependant, l’Occitanie demeurait un espace de vie rural intimement unie à la vie urbaine.
Mais apparaît une nouvelle forme d’aménagement du territoire où les pouvoirs publics décident d’intervenir dans une région particulière sous forme d’intervention ponctuelle et peu cohérente. Le milieu occitan perd alors les fondements de son unité sociale. L’Etat intervient dans les entreprises privées pour protéger les secteurs économiques et tenter de maintenir la paix sociale.
1936, avec le Front Populaire, voit les premières nationalisations. Les petites entreprises, souvent familiales, qui permettaient une stabilité sociale et politique, sont sous pression. En même temps, à l’échelle mondiale, les grandes entreprises évoluent : les biens de production et de distribution sont concentrés entre un petit nombre d’entreprises.
Avec la Seconde guerre mondiale, les structures industrielles et commerciales évoluent vers des concentrations de plus en plus complexes. Les PME s’inscrivent dans la sous-traitance et de développement urbain.
« A l’heure actuelle, le réseau urbain occitan est en voie de désorganisation avec l’affaiblissement de la classe ouvrière et la transformation de l’économie rurale. L’Occitanie apparaît comme un bon pays envié, convoité, disponible, susceptible d’accueil des activités et de peuplement nouveau, grâce à la spécificité de sa nature. »

En 1929, les citadins sont devenus plus importants numériquement que les ruraux. La terre occitane devient la terre des villes sans activité car les entreprises familiales ferment. L’Occitanie est devenue une terre de peuplement par immigration, soir d’origine rurale acceptant toutes les humbles tâches de l’industrie, soit de population de l’Europe du Nord-Ouest plus bourgeoise et à niveau de vie élevé. Ainsi, en moins d’un siècle, le phénomène de tourisme a bouleversé les équilibres de la société occitane et de l’économie de l’Occitanie. Les allogènes ont pris les postes les plus
lucratifs, le « Midi » a attiré à des fins de profit immobilier. La Nation française donne la prépondérance au Nord sur le Sud : le Nord connaissant une économie de profit surtout urbain et industriel, commercial et technologique, les campagnes ont été vidées de leur peuplement. Le Sud est un espace rural qui a perdu sa substance humaine devenant un espace de loisir, les industries ont disparu des villes, laissant place aux loisirs, à la recherche de haute technologie, installée dans de vastes parcs d’activité. L’action de l’état s’efforce de rééquilibrer les deux ensembles par l’implantation d’activités nouvelles : industrie contemporaine et le tourisme, deux formes de domination implantées sur l’espace occitan, développant un espace dépendant d’un autre plus puissant, et dans cet espace, on puise des richesses, des hommes, de l’énergie, on trouve des espaces de loisirs.

C/ Francisation de la civilisation occitane
Le pouvoir économique et politique, centralisé dans la capitale parisienne où se situent les banques et les sièges sociaux des principales entreprises, détermine le sort de toutes les régions.
Au XIXème siècle, l’Occitanie est prise dans l’euphorie de l’expansion coloniale et dans le heurt des nationalismes, notamment entre la France et l’Allemagne, celui des impérialismes. Au sortir de la première guerre mondiale, l’équilibre de la société s’effondre. L’espace occitan perd l’équivalent de la population de l’agglomération marseillaise (700 000). Cela contribue progressivement à franciser l’Occitanie, à l’intégrer psychologiquement grâce à la presse quotidienne.
S’ajoute à cela la volonté de destruction systématique de la culture occitane, relique d’un passé rétrograde, et la volonté d’unification linguistique de la France révolutionnaire. Les Préfets suggèrent dans la première moitié du XIXème siècle qu’un grand nombre de gazettes et de journaux fassent référence au « Midi », pour que dans leur subconscient les
citoyens français s’aperçoivent qu’il y a un centre, la capitale, et un « Nord », donnant ainsi comme titre « la Dépêche du Midi », « le Midi libre », « le Méridional ». En 1881, la langue française est diffusée suite à la généralisation de l’enseignement primaire laïque et obligatoire, de Jules Ferry, accompagné de l’action psychologique développée par
les instituteurs laïcs, instruments de la francisation. La pratique de l’Occitan est extirpée à force de brimade, par l’usage du signal et de punition.
Les racines culturelles sont détruites, la déculturation est aggravée par l’émigration rurale entre 1950 et 1980 et par les médias modernes. La loi Deixonne en 1951 qui autorise l’enseignement de langue et de culture régionale laisse la mise en place aux acteurs locaux, et apparaît davantage comme le moyen d’avoir bonne conscience que comme une véritable volonté de la part de l’état.
La mutation de l’Occitanie est ainsi révélatrice d’une situation qui s’insère dans la crise fondamentale de l’Europe à la fin du XXème siècle. La destruction de la civilisation rurale résulte de l’évolution de cette situation, la fin de la civilisation paysanne, au sens plein du terme pour basculer dans une forme de civilisation urbaine pour basculer dans une forme de civilisation urbaine, créant de nouvelles formes de référence pour l’homme, qui semble oublier ses origines.

Est née une nouvelle civilisation qui conditionne l’individu, altère sa liberté, dans sa vie matérielle comme dans sa pensée, une civilisation de profit. L’homme vit dans un monde qui cesse d’être sa mesure, mais adaptée à la machine. L’homme n’est plus que producteur, consommateur, rouage dans une mécanique qu’il ne peut comprendre. La nature lui est devenue étrangère. L’homme est conscient du besoin de disposer d’un espace rural en sachant qu’il continue de détruire cet espace. La mutation profonde de la civilisation est un drame, dont l’analyse est fondamentale pour comprendre notre avenir. Le peuple d’Oc cesse d’exister en tant que tel, anéanti par l’uniformisation de la pensée
consécutive à la diffusion des modes et des cadres de pensée communs, favorisée par l’emprise des médias. Le paysan, comme le citadin des petites villes, a perdu le sens, la conception de la vie paysanne : il s’est urbanisé par l’enseignement primaire puis secondaire, porte du fonctionnariat, puis par la nécessité économique et les soucis de promotion sociale. L’identité culturelle occitane a été compromise, entre la période de l’histoire occitane où domine le monde rural et celle d’aujourd’hui de l’omnipotence de la ville, civilisation de loisir, processus irrémédiable de colonisation de l’ensemble de l’espace occitan par des formes extérieures de civilisation.

« L’ensemble occitan est une terre fragile, difficile à défendre contre les atteintes des forces extérieures puissantes, qu’elles s’appellent au cours de l’histoire, Rome, le Roi de France, la République ou les banques internationales. Les initiatives viennent de l’extérieur. »

A nous de changer cela, de reprendre en main notre avenir, de nous libérer définitivement!

MONTFÒRT ES MÒRT! VIVA TOLOSA!

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